Non, ceci n’est pas un énième article sur les différences générationnelles entre les X, les Y ou encore les Z, mais une réflexion sur ce qu’un(e) Manager doit apporter à une jeune recrue. Evitons les références à Star Wars, aux Maitres Jedi et à leur jeune Padawan, pour tenter de comprendre simplement ce que manager un(e) jeune plein(e) de ressource(s) veut dire, au quotidien.

Abandonnez les rôles « clichés » souvent stériles…

Un jeune fraichement sorti d’école a débarqué ce matin au sein de votre équipe ; vous serez son manager. Avez-vous pris le temps de réfléchir à ce que vous souhaitez être pour lui ? Repensez à vos débuts professionnels. A qui ne voulez-vous pas ressembler ? Qu’auriez-vous aimé que votre premier manager vous apporte ? Entre le cliché du manager paternaliste ou trop corporate, qui tel la Bible de l’entreprise vous expliquait tout trop en détails (et dont les explications interminables donnaient envie d’un cinquième café à tout juste 10h du matin…), et celui du chef qui voulait se montrer « cool » en disant « trop de la balle » à la fin de chacune de ses phrases et qui vous semblait plutôt ringard : pensez à tout ce que vous ne souhaitez pas incarner.

Mon conseil : ne sous-estimez ni la clairvoyance, ni la compréhension des codes, ni la capacité d’adaptation de votre nouvelle recrue. Souvenez-vous de vos premiers pas, rappelez-vous avec quelle aisance vous aviez en réalité appréhendé le monde de l’entreprise, au contact des autres. Bannissez toutes les idées reçues sur les clivages intergénérationnels, car chaque génération a semblé désinvolte à celle qui l’a précédée. Manager une jeune recrue, ce n’est pas une question d’année de naissance ou de caste générationnelle, c’est une question d’inspiration, et de transmission.

Soyez un guide, une inspiration

En tant que Manager, vous serez la première référence pour ce jeune talent qui vous rejoint ; vous avez un rôle de guide à assurer. Sans tomber dans la caricature du Mentor, vous devez veiller à ce que son intégration se déroule le mieux possible, en lui donnant les clés qui lui permettront d’éviter d’éventuels faux-pas. Communication et transparence seront vos atouts-maîtres pour faire naître entre vous une relation de confiance. Votre entreprise a des codes qui ne sont pas toujours explicites pour un novice ? Qui doit-on vouvoyer ou tutoyer ? Les baskets sont-elles bannies même le vendredi ? Vous devez guider votre jeune collaborateur dans son apprentissage de la culture de votre société. Ensuite, pour éviter d’être perçu comme un maitre d’école, tentez d’aiguiser sa curiosité plutôt que de lui réciter votre savoir. Suggérez-lui de rencontrer certains collaborateurs d’autres services ou encore demandez-lui après quelques semaines son rapport d’étonnement. Vous serez probablement surpris par son agilité intellectuelle, par son regard neuf et par son sens critique.

Autre point à ne pas négliger : soyez exemplaire. Personne n’attend d’un manager qu’il soit infaillible, mais chacun attend qu’il soit juste, cohérent et compétent. Soyez donc exemplaire dans vos prises de décisions et vos remarques ou suggestions d’amélioration : expliquez-les, accompagnez-les aussi lorsque cela est nécessaire, pour faire par la même occasion grandir vos collaborateurs. De votre approche se dégagera un certain leadership, une inspiration qui ne laisse jamais un collaborateur indifférent, et dont naîtra la confiance et donc la performance de votre équipe.

Trouvez le juste équilibre entre suivi et laisser-faire

Les managers s’interrogent parfois sur les leviers de motivation de ce jeune dont les pouces semblent greffés à son smartphone. Doit-on lui fixer une feuille de route précise ou au contraire le laisser exprimer sa créativité ? La solution réside dans l’équilibre délicat entre coaching et laisser-faire. Certains managers reprochent à leurs jeunes collaborateurs de ne pas être assez proactifs, mais les ont-ils suffisamment guidés, accompagnés et suivis ? Les « petits chefs » contrôlant à l’excès leurs collaborateurs et pestant dès qu’ils osent faire différemment ne tuent-ils pas dans l’œuf toute prise d’initiative et toute créativité ? Comportez-vous en maitre d’école et vous aurez des élèves distraits et perturbateurs… Considérez-les comme des (jeunes) adultes et vous aurez des collaborateurs responsables et impliqués. Afin de trouver le juste milieu, le mieux peut être de faire des points réguliers en écoutant, recadrant si besoin, et en concluant toujours par cette simple question : « Comment je peux t’aider ? ». Vous restez ainsi le manager disponible et simplement responsable que beaucoup de collaborateurs attendent.
 

>> Lire aussi : A quoi ressemble un manager aujourd’hui ?

Finalement, manager un jeune diplômé ne diffèrera pas beaucoup de manager un collaborateur plus expérimenté. En revanche, l’impact que vous aurez sur un jeune professionnel a une importance cruciale. De quels Managers vous rappelez- vous aujourd’hui ? Pour ma part, je me souviens de ceux qui ont été à mes côtés quand j’avais besoin d’eux, et m’ont laissé grandir quand le moment était venu.

Par Pierre Rabozzi, Directeur Senior chez Michael Page. Passionné par les questions de management et de leadership en entreprise, il encadre une équipe de consultants spécialisés sur les métiers de la finance et de la comptabilité et intervient depuis plus de 10 ans sur des problématiques RH et de recrutement. Suivez-le sur Twitter !

Vous voulez en savoir plus sur l’image que les salariés ont de la fonction de manager, mais aussi comment les managers vivent leur rôle au quotidien ? Découvrez notre étude : « Manager fait-il encore rêver ? »

*Cet article a initialement été publié sur Hr-voice.com.

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