Optimisation des processus, détection d’anomalies, aide à la décision, … Les technologies de l’intelligence artificielle sont omniprésentes et exigent des compétences techniques fortes. Mais face aux nouveaux enjeux de l’IA, à l’évolution rapide et constante des technologies et à la pénurie des talents, les entreprises doivent aujourd’hui miser sur des compétences d’un autre type, à la fois transverses et comportementales. Le point.

Des compétences business pour faire le lien entre conception et utilisation de l’IA

Au-delà des compétences techniques, les entreprises ont aujourd’hui besoin de candidats dotés d’une compréhension business afin de transformer les innovations technologiques en business tangibles.


Il faut que les candidats développent leur vision business et qu’ils fassent preuve d’agilité car les experts techniques, et notamment les Directeurs des Systèmes d’Information, en manquent souvent. Si l’évolution des technologies et des méthodologies sont suffisamment bien anticipées et le SI préparé à cela, le reste suivra.


Louis-Baptiste France, Directeur Data et IA chez Socio Data Management

A défaut de trouver le candidat ad hoc, des profils  tels que les Business Analysts pourront faire le lien entre les experts techniques et l’écosystème opérationnel. Véritable spécialiste de l’audit et du conseil, il est chargé d’étudier l’adéquation du Système d’Information (SI) d’une entreprise avec ses objectifs stratégiques. Il travaille en liaison avec les diverses directions opérationnelles ainsi qu’avec la Direction des Systèmes d’Information (DSI). En somme, un atout clé pour garantir la compétitivité des entreprises dans un marché en constante évolution.

>> Lire aussi : IA : quelles compétences techniques recruter ?

Valoriser les soft skills pour répondre aux enjeux futurs de l’Intelligence Artificielle

Si à l’heure actuelle les entreprises se focalisent encore majoritairement sur les compétences techniques, on observe, depuis plusieurs années déjà, un besoin croissant en compétences comportementales (soft skills) telles que :

  1. Le sens de la communication, pour rendre l’expertise intelligible auprès de l’ensemble des parties prenantes ;
  2. L’agilité, pour développer en permanence de nouvelles compétences adaptées aux enjeux mouvants de l’IA ;
  3. L’empathie, pour mieux comprendre les enjeux des différents acteurs et développer des solutions adaptées

Clés pour accélérer la bonne adoption de l’IA dans les organisations, ces soft skills ont aussi pour avantage majeur de garantir une meilleure durabilité des recrutements sur l’ensemble des métiers. Il y a fort à parier que ce phénomène s’accentuera encore dans les années à venir, car comme le souligne  Alvin Ramgobeen, Corporate VP IA et Big Data chez Inetum (ex Groupe GFI Informatique)  : 


A l’avenir, tout sera question de soft skills car avec le développement des technologies de méta-IA et la démocratisation prochaine de l’accès aux ordinateurs quantiques de Google par exemple, les compétences en programmation seront de moins en moins recherchées.


Pour mener à bien les avancées technologiques et mettre en œuvre ces applications, l’identification des compétences comportementales clés aujourd’hui, et essentielles demain, est donc un enjeu majeur pour les entreprises.

>> Lire aussi : Soft skills et recrutement, un combo gagnant.

Des compétences sociologiques en réponse aux enjeux éthiques et juridiques de l’IA

D’un apprentissage supervisé de l’IA, nous avons basculé ces dernières années vers un apprentissage non supervisé qui laisse l’IA apprendre par elle-même. Cette évolution importante de l’autonomie de de l’IA pose de nombreuses questions juridiques et éthiques majeures comme celles de la protection des données personnelles (RGPD), des biais cognitifs, de la propriété intellectuelle, ou encore de la discrimination. Ces questions sont d’ailleurs citées pas 39% des entreprises françaises comme l’un des premiers freins à l’adoption de l’IA.

En l’absence de formations dédiées aujourd’hui en France, l’enjeu pour les entreprises est donc de recruter des profils dotés d’une double compétence, sociale et scientifique/technique pour continuer à exploiter et faire évoluer les fonctionnalités de l’IA sans danger et dans le respect des droits et libertés des citoyens. C’est notamment la mission du Délégué à la Protection des Données ou Data Protection Officer (DPO) qui se hisse en tête du classement des métiers émergents de la Data et de l’IA en 2020 en France, selon LinkedIn.

Aujourd’hui et encore plus demain, il va falloir beaucoup plus d’interdisciplinarité car les machine learners ne seront pas suffisants. Les « computational social scientists » commencent à émerger aux USA et demain ils joueront un rôle central avec l’IA.  Ces profils auront un double diplôme à la fois technique (en coding par exemple) pour pouvoir appuyer des équipes de sciences computationnelles mais également en philosophie, sociologie, anthropologie, psychologie, etc. Par exemple sur le travail de la haine en ligne, on ne pourra pas traiter le sujet sans l’appui d’un psychologue ou sociologue capable de traiter les différents types et mécanismes de la haine.


Hubert Etienne, Doctorant contractuel à Facebook AI et Ecole Normale Supérieure, enseignant d'éthique de l’IA à Sciences-Po et HEC Paris

Ces profils à double compétence sont encore marginaux aujourd’hui en France, mais ils deviendront la norme demain, à mesure que l’adoption de l’IA par les entreprises se développera.

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