En partenariat avec l’Agefiph, Michael Page a mené une étude nationale pour mieux comprendre la réalité du handicap en entreprise. Quel est le niveau d’intégration des travailleurs handicapés dans les organisations ? Quelles sont les difficultés rencontrées par les entreprises dans leur embauche ? Quel est le niveau de communication des entreprises sur le sujet du handicap ? Regards croisés entre dirigeants, recruteurs, collaborateurs et salariés en situation de handicap sur une thématique sociétale fondamentale. 

Une intégration réussie des travailleurs handicapés dans les entreprises

96% des entreprises et 85% des salariés considèrent que les salariés en situation de handicap sont bien intégrés aux équipes. De leur côté, 86% des travailleurs handicapés partagent ce constat, et parmi eux, les cadres sont encore plus positifs : 90% se considèrent intégrés à l’entreprise. Signe de ce caractère inclusif, 85% des salariés indiquent avoir parlé de leur handicap à leurs collègues et/ou responsables, et 57% des personnes qui n’ont pas déclaré leur handicap en ont tout de même parlé au sein de l’entreprise. 

Parmi ceux qui ont choisi de ne pas faire reconnaitre leur handicap :

  • 53% n’identifient pas les avantages à le déclarer
  • 35% craignent un changement de comportement de leur hiérarchie
  • 31% trouvent la procédure administrative trop lourde

Handicap et recrutement : un processus complexe pour les entreprises

Seules 34% des organisations considèrent le recrutement de travailleurs handicapés comme simple. L’accès à l’emploi pour les personnes en situation de handicap est encore difficile aujourd’hui. Le manque de connaissance autour de l’emploi des travailleurs en situation de handicap apparaît comme le premier frein à l’embauche pour cette population. En effet, près de la moitié des entreprises (47%) déclarent manquer d’information sur l’accompagnement et les aides dont elles peuvent bénéficier dans le cadre de l’embauche d’une personne en situation de handicap.

Autre difficulté relevée dans l’étude par les salariés (76%), celle d’accéder à un poste de cadre pour une personne en situation de handicap.

Ce décalage entre perception et réalité traduit surtout un manque d’information au sein des entreprises sur les réels besoins des travailleurs en situation de handicap, mais aussi sur l’accompagnement dont elles pourraient bénéficier. Faute d’une vision claire et réaliste des aménagements et procédures liés à l’intégration des travailleurs handicapés, nous observons une retenue, souvent infondée, des entreprises à recruter. Une meilleure connaissance du quotidien des personnes en situation de handicap en entreprise permettra de mieux appréhender et simplifier le processus de recrutement, ainsi que l’intégration de ces collaborateurs, et de lever certains a priori.

Frédéric Benay, Managing Director chez Michael Page. 

Notre étude fournit une indication claire de la prévalence du handicap sur le lieu de travail, ainsi que des défis permanents auxquels ces personnes sont confrontées. S'il est positif qu'une forte proportion de travailleurs handicapés s'intègrent bien dans leurs équipes, je suis préoccupé de constater qu'il existe encore des obstacles perçus à l'accès à l'emploi et notamment à des postes de cadre. Nous sommes convaincus que tous les talents, quels que soient leur profil, méritent d'avoir la possibilité de démontrer leur aptitude à occuper un poste. Nous conseillons donc activement nos clients sur leurs stratégies de diversité et d’inclusion et nous soutenons toutes les initiatives d'entreprises qui contribuent à simplifier les processus de recrutement et qui bénéficient également aux personnes en situation de handicap. 

Steve Ingham, CEO de PageGroup.

>> Lire aussi : Travailleurs handicapés : quelles aides pour les entreprises ?

Une communication disparate sur le sujet du handicap de la part des entreprises

Seules 43% des entreprises indiquent avoir diffusé des communications internes autour du handicap, une proportion qui chute à 36% pour les PME. Du côté des salariés, 40% des travailleurs handicapés ont eu connaissance d’une communication sur le sujet au sein de leur entreprise (contre 37% pour les autres salariés).

Des communications qui visaient à :

  • Informer des engagements de l’entreprise autour du handicap (72%)
  • Sensibiliser au bénéfice de la diversité et de l’inclusion (54%)
  • Inciter les salariés de l’entreprise à faire reconnaître leur RQTH (28%)

En ce qui concerne la mention handi-accueillante, indiquée plus fréquemment aujourd’hui sur les offres d’emploi, les salariés considèrent à 59% qu’il s’agit juste de communication, peu suivie d’actions, 34% pensent que c’est un indicateur de bonne volonté et seulement 7% que c’est une véritable preuve d’engagement.

En dépit des progrès accomplis au cours des dernières années, il est impératif de poursuivre notre engagement pour le développement de l’emploi des personnes en situation de handicap. Cet effort doit être encore plus soutenu dans la période que nous traversons. Cette étude souligne à quel point les représentations sont tenaces au sein des collectifs de travail et dans l’entreprise. Le déficit d’information chronique ressenti par l’ensemble des parties prenantes et l’importance de mieux accompagner les recrutements, notamment des cadres en situation de handicap, sont deux défis qu’il nous appartient de relever tous ensemble, dans un mouvement concerté, pour rendre effective l’ambition partagée d’une société plus inclusive, intégrant tous les talents. Ensemble nous devons être des acteurs d’égalité, des promoteurs d’inclusion. 

Malika Bouchehioua, Présidente de l’Agefiph.

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