Avec près de 60 000 recrutements prévus par an entre 2018 et 2021, les ingénieurs continuent d’être très recherchés par les entreprises, et ce, dans tous les secteurs d’activité, particulièrement ceux liés aux objets connectés ou à l’usine 4.0. Pour autant, les candidats sont rares et le turn-over élevé. Preuve en est : 86% des ingénieurs et techniciens en poste ont été à la recherche d’une nouvelle opportunité ou en veille dans les 12 derniers mois, selon une étude Page Personnel*. Autre difficulté : l’évolution rapide des technologies rend obsolètes plus rapidement les compétences techniques tant recherchées. Dans un tel contexte, comment les entreprises ont-elles revu leurs pratiques RH, tant pour attirer que pour retenir les talents ? Quelles sont les compétences recherchées aujourd’hui ? Et quels sont les profils stars de demain ?

Des méthodes de recrutement réinventées pour attirer et retenir les talents

Un candidat à l’écoute du marché peut facilement se retrouver à mener trois processus de recrutement en parallèle*. Dans ce contexte, l’enjeu pour les entreprises est de mieux identifier les leviers de motivation de ces profils techniques, pour les recruter mais aussi pour les retenir. L’un d’entre eux consiste à les impliquer davantage dans la stratégie de l’entreprise pour redonner du sens à leur activité, ce qui n’était pas le cas auparavant. La culture de l’objectif concerne ainsi de plus en plus ces fonctions, avec l’idée d’engager les collaborateurs autour d’un projet d’entreprise commun

Dans ce cadre, une part variable commence à être introduite dans les packages de rémunération. Celle-ci reste pour l’heure faible – si l’on compare à d’autres métiers -, mais elle vient valoriser l'atteinte et le dépassement des objectifs, qui contribuent à la performance globale de l’entreprise,
note Fatine Dallet, Directrice Senior chez Michael Page. 
Parmi les autres leviers, les entreprises n’hésitent plus à proposer des projets à valeur ajoutée, autour de la conduite du changement par exemple, et des perspectives de carrière intéressantes comme des postes de direction. Pour ces profils, le suivi et l’accompagnement durant la période d’onboarding sont également renforcés. Cette période peut s’étaler sur plusieurs mois, voire sur une année complète pour des candidats rares connaissant souvent leur valeur sur le marché.
>> A lire aussi : le recrutement réinventé, d’Isabelle Bastide, Présidente de PageGroup France. 

Ingénieurs, vers la prépondérance des soft skills 

Faute de trouver le profil idoine à 100%, les entreprises ouvrent désormais leur scope d’origine pour faire la part belle aux soft skills dans leurs recrutements. Preuve en est, selon une étude Michael Page/Cadremploi**, 60% des dirigeants se disent prêts à recruter un collaborateur sur une fonction technique principalement sur ses soft skills. Outre la pénurie de candidats, l’ouverture des entreprises à de nouveaux critères de sélection s’explique également par l’obsolescence des compétences techniques due aux évolutions rapides des technologies. Les entreprises préfèrent alors miser de plus en plus sur le potentiel évolutif des candidats, en combinant des soft skills attendues à des hard skills qui, quant à eux, peuvent s’acquérir plus facilement. Ainsi, parmi les principales qualités recherchées, on trouve la capacité à travailler en équipe (48%), la fiabilité et l’autonomie (47%). Si cette tendance est à la hausse, elle n’est en revanche pas toujours naturelle pour des managers, qui, jusqu’à présent, pouvaient avoir tendance à élever leur niveau d’exigence technique face à un candidat afin de se rassurer.
Les candidats, eux, sollicitent désormais autant leurs soft skills que leurs compétences techniques ou académiques. En effet, manager des projets ou des équipes de production, de maintenance ou encore de R&D par exemple nécessite un vrai leadership en plus de l’expertise technique. Lors des entretiens, les candidats doivent donc apprendre à mettre en avant leurs compétences comportementales en donnant des exemples de situations et de projets où ils ont développé leur autonomie, leur capacité de travail en équipe et leurs compétences managériales.
Depuis quelques années, les industriels recherchent, au-delà des compétences techniques, des compétences comportementales dans les métiers de l’IngéTech. Les écoles ont su faire le nécessaire pour s’adapter et de plus en plus de cursus Ingénieurs ou Techniciens mettent l’accent sur les matières dites humaines,
souligne Fatine Dallet, Directrice Senior, Michael Page.

Les 3 postes les plus recherchés dans l’industrie cette année 

L’avènement de l’usine 4.0 s’accompagne inévitablement d’un besoin en nouvelles compétences techniques. Pour soutenir cette révolution industrielle, les entreprises doivent recruter des candidats spécialisés en robotique, systèmes embarqués ou encore en automatisation. Les profils de la maintenance sont donc toujours aussi recherchés et sont même une denrée rare ! Néanmoins, les métiers de la maintenance industrielle séduisent peu a priori, et la majorité des ingénieurs confirmés se réorientent en cours de carrière. Parmi les trois profils les plus recherchés en 2020 dans l’industrie, on trouve :
Le Responsable Maintenance, qui anime l’ensemble des opérations de maintenance : préventive, curative, prédictive et d’amélioration continue. Il pilote les budgets de maintenance et manage une équipe de spécialistes pour optimiser la performance des installations. A partir de 2 ans d’expérience, ce type de profil pourra disposer d’un salaire minimum de 45 k€/an et jusqu’à 75 k€/an pour des profils plus expérimentés (entre 5 et 15 ans d’expérience).
Le Chef de projet systèmes embarqués, qui a pour mission de mettre en place une architecture logicielle et un planning en tenant compte des contraintes exprimées, par exemple celles ayant trait à la sécurité, au coût, à l’autonomie ou encore au temps de développement. Un profil junior (2 à 5 ans d’expérience) sera rémunéré entre 30 et 45 k€/an et après plus de 5 ans, il pourra prétendre à un salaire entre 45 et 65 k€/an.
Le Responsable de Production, qui organise, planifie et suit la production pour atteindre les objectifs définis. Il contribue à l'amélioration des process de production afin d'améliorer la productivité et garantir la mise en conformité. Un profil junior (2 à 5 ans d’expérience) sera rémunéré entre 40 et 60 k€/an et après plus de 5 ans, il pourra prétendre à un salaire entre  60 et 75 k€/an.
>> Pour en savoir plus sur les salaires et les tendances du marché de l’emploi sur les métiers Ingénieurs & Techniciens, et dans l’industrie, téléchargez notre étude de rémunérations
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*Etude Page Personnel réalisée en novembre 2018 auprès de 653 ingénieurs et techniciens
** Questionnaire auto-administré en ligne auprès des bases opt-in Cadremploi et Michael Page du 1er au 15 Avril/ 1641 répondants

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